mercredi 24 décembre 2008
Il était une fois….
Elle se faisait soigner par des confrères.
Ouf !
Elle vit dans mon quartier.
Pas bon, ça.
Par malheur ( pour moi ), elle s’est fachée après eux et a quitté leur cabinet.
etmerd...
Et évidemment, elle a jeté son dévolu sur moi.
Mais qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça ?
Pendant quelques temps, j’ai réussi à la soigner de loin en loin. Ça se passait bien. Puis un jour, elle a décidé qu’il lui fallait un nouveau dentier.
Pas du tout envie de me lancer la dedans , va pas arreter de m’emmerd….
Aussi, ai-je tout fait pour sauver ce qui restaient de dents et de son appareil dentaire. Et surtout ne pas me farcir à faire un nouvel appareil à cette casse pieds notoire.
Mais, bon, je suis pas jésus christ non plus.
Malgré tout, elle a réussi à …égarer son dentier.
Je sais, c’est très fort.
Donc il lui en fallait un autre.
Mais j’ai pas d’bol , moi, des fois.
J’en ai fait un autre et j’ai traité les restes de dents : j’ai extrait ce qu’il fallait et traité les racines de ce qui pouvait être conservé.
C’était il y a un an et quelques.
Depuis peu, les commerçants du quartier m’ont rapporté qu’elle faisait un scandale dans leur boutique, me reprochant qu’elle avait « la gangrène de l’os des dents. Pareil que M.R ».
Mais qu’est ce c’est que cette histoire… et pourquoi je suis pas au courant moi ? si je suis la responsable de la gangrène, c’est quand même la moindre des choses que je sois au jus, non ? à moins que ce ne soit pas l’os des dents mais celui du cerveau qui gangrène.
D’autant que j’apprends qu’elle ne connaît pas le M.R en question et qu’ils ne se sont jamais parlé.
Tiens, tiens. Et comment sait-elle ce qu’il a dans la bouche alors ?
Parce que moi, je sais, je suis sa dentiste. Et aux dernières nouvelles, il va très bien.
Alors, j’attends. Mais rien ne vient. Juste le quartier rempli par des commérages à mon encontre. Mais je laisse dire.
Un, j’ai d’autres chats à fouetter, deux, la mauvaise réputation que peut vous faire une personne connue pour ses commérages ne peut pas vous porter préjudice, au contraire. Trois, je suis pas censée être au courant.
Finalement, elle appelle car elle veut ses radios pour porter à l’hopital où elle est suivie depuis un mois par un stomato. Ok. Quelles radios ?Elle sait pas. il lui a pas précisé. Il faut qu’elle fasse tout enlever par le stomato de l’hosto. Il lui faut donc la radio.
Ben, il a qu’à la faire lui-même, la radio, à l’hosto.
Et pourquoi n’est-elle pas venue me voir à moi ?Ah, non, non, c’est très grave. Il n’y a que l’hopital qui puisse la soigner.
Donc pour me casser les pieds avec ton appareil que t’avais paumé, je suis là, pour le reste, je suis qu’une bille.
J’attends. Quelques semaines après, elle rappelle. Un lundi.
- « c’est possible que ce soit vous qui me les enleviez mes dents ? parce qu’au cabinet du stomato, il faut monter des escaliers et je peux pas. j’ai 73 ans quand même. »
et puis, t’as pas envie, parce que le sto, il va te prendre une fortune. Alors tu reviens voir l’andouille de service. Ben, oui, mais l’andouille, elle en a marre.
Elle m’explique qu’elle a été hospitalisée durant un jour pour un bilan complet car elle avait mal a la tête. Et puis, ils l’ont relachée le lendemain, sans rien avoir trouvé, à part une probable infection. Des dents.
???? qd y a une infection dans la bouche, un, ça se sent, deux ça sent, trois, ça se voit en bouche, quatre souvent ça se voit à la radio.
- Z’avez gonflé de quelques part dans la bouche ?
- non
- z’avez mal ?
- non
- z’avez un mauvais gout ?
- non
- z’avez que’qe’chose qui va pas dans la bouche ?
- non
- ben, alors, où elle est l’infection ?
- je sais pas. c’est le médecin qui m’a dit ça.
- Il l’a vue où, l’infection, le médecin ?
- Je sais pas
- Z’avez les radios et les scanners de l’hosto ?
- Oui
- Venez.
Alors là, lecteur, accroches-toi bien.
Elle arrive. En voiture sans permis. Les essuies glace à fond les manettes. Il pleut pas…
En manteau rose. Rose un peu gris. En bonnet. Je connais pas cette couleur de bonnet. Je regarde tous les documents, entre deux patients. Y a rien. Tout est nickel. D’après les analyses sanguines, y a effectivement une infection. En tout cas, pas aux dents. Pas de gangrène de l’os des dents, non plus. Pas de cancer. J’ai pas le temps de l’examiner de fond en comble alors je re-fixe un rdv pour mercredi matin suivant.
Mardi 11h, elle se pointe. Heureusement, ma fidèle assistante lui explique les jours de la semaine : après le lundi, c’est le mardi et il faut attendre encore un petit peu pour arriver au mercredi.
Mercredi 11H : elle est là. avec les mêmes frusques. Aujourd’hui, je vais l’examiner. Pour cela, il lui faut monter sur le fauteuil. Elle fonce droit sur le fauteuil, le sac à main à la main. je le choppe au passage, pas la peine de me le déposer au pied du fauteuil, ça va géner. Pendant que je mets le sac à main sur le bureau, elle prend ses aises : elle ôte son manteau et l’installe sur le dossier du fauteuil dentaire.
Ah, voui, mais là, ça va gêner. Je me retiens de me marrer. Parce que quand je vais pencher le fauteuil, va y avoir le manteau qui va me servir de moquette…
je penche le fauteuil et effectivement, le manteau rose (ou gris, ça dépend de l’axe de la lumière), traîne au sol. Je l’enlève. Je l’examine ( la dame, pas le manteau, faut suivre).
Elle n'a rien. Même pas une minuscule carie.
En fait, je la rassure. Elle me parle alors d’Arnold.
????c’est qui , Arnold ?
c’est à cause de ça qu’elle a mal à la tête.
??? qui c’est Arnold ?
sa sœur a eu ça. Alors forcément, elle l’a aussi.
Ah ! le grand arnold, nerf cranien qui innerve la nuque.
Elle m’explique qu’elle a mal à la tête. Elle trace une ligne le long de son nez jusqu’à son front.
- « c’est le grand arnold, je vous dis. Il passe là et me fait mal à la tête et c’est à cause des dents. »
- non, rien à voir avec les dents.
Et pis, l’arnold, c’est à l’arrière du crane qu’il te chatouille, pas sur le nez.
Alors, elle m’explique que le médecin n’a rien trouvé alors il a évoqué un probable problème dentaire. D’où sa ‘’gangrène de l’os des dents’’. Je la rassure. Nous discutons longuement au sujet de ses céphalées et j’en déduis qu’elle souffre de migraine, tout simplement. Mais c’est pas à moi à poser ce diagnostic. Elle quitte le cabinet.
Petit coup de fil confraternel au médecin :
« la madame n’a rien aux dents.
Ah bon ? euh…
alors pourquoi vous lui avez bourré la crane avec ses âneries ?
ben, c’est parce qu’on a rien trouvé. Alors…
alors, vous avez chargé la consoeur dentiste. Je vois. »
Je m’en souviendrai.
Je pardonne à ceux qui m’ont offensé.
Mais j’ai la liste.
dernière semaine avant noël :
Qu’avons-nous fait ?
à part manger des after eights ? euh…ben, j’ai dévitalisé des tas de dents. Je sais pas pourquoi, c’est toujours par vagues. A croire que les gens ont les dents qui cassent ou des pulpites tous en même temps. Peut-être se mettent-ils d’accord entre eux ? « tu fais quoi cette semaine ? euh, ben, pas grand chose. On va à la piscine ? bof. Pourquoi pas une petite rage de dent et un tour chez la dentiste ? ah ouais, super idée, ça fait longtemps que je me suis pas pété une dent » et hop ! ils arrivent.
Mlle mon assistante s’est fait une copine. Nous étions en chirurgie, un mercredi matin. Le téléphone sonne. J’ordonne ( c’est mon petit coté autoritaire) donc j’ordonne qu’elle ne réponde pas et qu’elle continue à m’assister, ce qui est sa fonction première. C’est pour cela que je l’ai achetée. Donc elle ne répond pas et la personne discute sèchement avec notre répondeur.
- « bonjour. C’est mme C. il est 10H34 et votre message indique que le cabinet est fermé le mercredi à partir de 11H30. alors je ne vois pas pourquoi vous ne répondez pas. je veux un rdv jeudi prochain à 16h. au revoir. »
pourquoi on répond pas ? ben, peut etre parce qu’on a un peu les mains dedans, là, tu vois ?
mlle revient pas contente : pour qui elle se prend celle là ? elle se croit où pour exiger des rdv comme ça ?
je souris. Mlle rappelle illico et tombe sur le répondeur de la charmante dame.
- « bonjour, ici Mlle , l’assistante du docteur apolline. Vous avez essayé de nous appeler. Merci. Au revoir. »
et voilà, un prêté pour un rendu. Y va y avoir du sport….
Le lendemain, la dame rappelle. Sachant qu’elle veut un rdv le jeudi à 16h, mlle propose :
- « vendredi, 10H45. »
quelle peste ! je me marre doucement. En même temps, connaissant la patiente, ça lui fait un peu les pieds. Y a des gens qui pensent qu’on va leur dérouler le tapis rouge.
mercredi 10 décembre 2008
ils le font exprès, c'est un complot.
ce matin, je n’attends que trois patients pour des travaux suffisamment longs pour occuper toute la matinée. Seulement voilà, le premier ne se montre pas.
trois quart d’heures fichus en l’air. Pas même un coup de fil. Rien.
Le deuxième vient. Je fais ce que j’ai à faire et il s’en va. Ça, c’est fait.
Le troisième téléphone : il a un autre truc à faire donc il viendra pas. on rattrapera avec le rdv de la semaine prochaine. A condition que sa quenotte attende jusque là. l’assistante demande
- « vous allez bien ? »
- « euh oui. Pour l’instant je n’ai pas mal. Mais la dent s’effrite de plus en plus. Que faut-il faire ? »
- « ben, venir voir la dentiste »
pas dur, on t’a donné rdv exprès pour ça, tu vois. Sinon, tu peux essayer les prières mais c’est quand même plus hasardeux comme technique. Et pis, Lourdes, c’est qd même loin d’ici.
De ce temps, une dame vient prendre rdv pour son papa de plus de 90 ans. On lui demande s’il est au courant qu’elle lui prend un rencard.
- « pas vraiment. »
m’étonnerait qu’il se laisse trimbaler comme ça , le petit vieux. L’est peut etre antique mais l’est pas con. Il va avoir son mot à dire, le papi. Ça promet…
11h00 : matinée pourrie où nous n’avons rien fait. C’est alors que se pointe le patient de 9h00.
bijour, t’avais perdu ton chemin ?
il s’excuse et demande
- « je peux venir la semaine prochaine à la place ? »
- « oui, d’autant que le rdv est pris. »
par contre, à ce train là, ce sera pas fini pour noël. Tant pis pour lui. Je veux bien me dépêcher mais faut quand même que le patient y mette du sien aussi. Par exemple en venant à son rdv. Ils sont marrants, les gens. La dentisterie par télépathie, on n’a pas encore inventé.
Donc la matinée pourrie est finie, il est 11h20, on n'a rien fait. Je me change, je sors. Je vais en profiter pour passer à la banque puisque je n’en ai jamais l’occasion. L’assistante éteint derrière moi et se prépare à sortir.
Sur le parking, je monte dans ma voiture, je suis assise dans ma voiture, je mets le contact et tout d’un coup, j’entends :
- « docteur, docteur, vous partez ? »
- « oui »
- « ah, je veux un rdv. »
je regarde le cabinet. Tout est éteint.
Le monsieur insiste :
- « il est pas encore 11h30 et vous partez déjà ? »
m’enfin, je fais ce que je veux, nou di diou. C’est le seul avantage d’être libéral. Pas de compte à rendre à qui que ce soit, gérer son planning comme on veut.
- « vous auriez pu venir avant, non ? »
- « ben, oui mais j’étais chez ma fille et je discutais avec elle. Je me suis dit que je passerai en fin de matinée. »
on a rien glandé jusqu’alors et c’est maintenant que tu t’amènes ? ils le font exprès, je suis sure qu’ils le font exprès.
- « vous savez, vous m’aviez demandé de repasser deux mois après et maintenant ça fait trois mois. Alors, il est temps, maintenant. »
- « voui »
donc ça fait un mois que tu dois revenir, ça fait une matinée que tu tchatches avec ta fille et c’est au moment où je monte dans ma voiture que tu te radines. Ils le font exprès…
- « ben , là , c’est tout fermé, alors vous me rappellerez demain matin, hein ? allez à demain. »
et je m’en vais. Et qui je vois, explosée de rire, derrière la porte du cab ? Mlle mon assistante qui se moque de moi. On a rien fichu de la matinée et c’est au moment où je m’en vais qu’ils apparaissent….
mardi 9 décembre 2008
mardi 9 décembre 2008
Mais j’entends encore un bruit. Mlle est assise en plein milieu du cab, en train de déguster son énième after eight, je me lève, ouvre la porte et découvre une dame qui se promène par là. une anglaise qui a pas pensé à sonner avant d’entrer.
C’est dingue ça, les anglais ne savent pas sonner, c’est à chaque fois pareil. Ils entrent sans rien dire et se promènent.
Je me retourne, Mlle me lance un regard interrogateur, elle n’a toujours pas compris que quelqu’un est dans le hall. Je regarde vers l’anglaise, aïe, aïe, aïe, elle arrive droit dans le cab. Hop, vite, je ferme la porte du cab où mon assitante continue son gouter sans se douter de rien. Je prends le rdv moi-même. Ouf, le pire est évité.
Mais bon sang, c’est écrit sur la porte « « sonnez et entrez ». pas compliqué de se signaler ! parce que se faire surprendre en plein goûter, ça fait désordre quand même.
lundi 8/12/8 : un lundi de folie.
!!!! complètement dans le caramel, kicé ?
c’est l’ouvrier qui doit fabriquer le portail chez moi ; il veut me montrer des modèles d’interphones.
Pourquoi pas…
- « quand ? »
- « j’arrive »
- « euh…quand ? »
- « de suite, je suis en route »
8h15 : il est là, chez moi, moi je sais pas trop bien encore où je suis et j’admire un interphone.
Waouh…géant.
Et il s’en va.
J’aime les lundi qui démarrent en trombe …pour rien.
Comme ça, au moins , je suis à l’heure au cab.
8h 45 : je me gare sur le parking du cabinet.
Dans sa voiture, un type m’attend, planqué sous sa moustache.
Je le reconnais pas ( ben , non, il n’est pas 9H00 et avant cette heure fatidique, je ne vois même pas les couleurs.)
Je rentre , dis bonjour à l’assistante :
- « bien dormi ? »
- « nan, mais j’ai vu des interphones ce matin. Et vous ? »
- « j’ai pas déjeuné, j’étais méga en retard, j’ai chargé les gosses dans la voiture pour aller à l’école avant de m’apercevoir que je m’étais trompée d’heure et qu’il était une heure trop tôt. Finalement, j’ai déjeuné »
ça, ça va être un bon lundi, on est déjà à donf.
Je regarde par la vitre, ça y est, je le reconnais : c’est M.G, spécialiste du lapin.
Il est incapable d’arriver à l’heure, toujours au moins 20 minutes de bourre, et en plus il rate régulièrement ses rdv, oublie de téléphoner pour s’excuser. Son dossier indique qu’il m’a planté trois ( trois !) rdv en 2007.
J’ai comme dans l’idée que ça doit chatouiller sec, s’il est en planque comme ça.
Il entre en tortillant. Il fait son malin.
T’es content, hein ? tu crois que tu vas nous foutre l’agenda en l’air, qu’on va te dérouler le tapis rouge, qu’on va décommander les autres rdv pour toi, hein ? ben non.
Il explique son cas désespéré à Mlle : il a mal à la dent que le docteur avait dit qu’il fallait soigner il y a plus d’un an. Réponse : on n’a pas de place avant quinze jours.
Je me charge de l’ordonnance et de lui dire qu’il m’a planté trois lapins.
- « ah ? j’ai oublié. Le travail, vous savez ce que c’est »
- « vous avez oublié les trois rdv ? et vous n’avez même pas téléphoné pour prévenir ni pour vous excuser. J’ai attendu pour rien. Alors maintenant, c’est vous qui attendrez. Je vous revoie juste avant Noël et ce sera pour extraire cette dent. »
point barre. De toute façon, il va pas venir, je le mets à 9h00 , comme ça , je pourrais arriver en retard ce matin là.
8h59 : coup de fil : le comptable n’a pas les papiers que j’avais dit que je porterai pendant le week-end.
Hé, il est même pas encore 9h00. il a dormi dans sa boite aux lettres ou quoi ?. J’ai fait ma compta dimanche soir de six à sept. Y a mieux pour passer sa soirée de fin de week-end. Je ne vis pas pour la comptabilité.
Ok, je ne mangerai pas à midi et je les lui porterai. Promis.
9h00 : ça démarre.
Plein de coups de fil, plein de gens, je prends ¼ h de retard, je déteste être en retard.
M.DJ me demande si je fais des couronnes en résine.
« à titre provisoire, oui, bien sur »
« non, non, de celles qui durent »
« des couronnes à incrustations en résine, celles qui sont moches, qui se cassent et sous lesquelles la dent se carie ? non. Ici, c’est métal ou céramique. Le plastique , c’est en provisoire. »
il conteste car toutes ses cérams faites je-sais-pas-où ont lâché alors qu’il est très content de ces résines car elles sont toujours dans sa bouche.
Vui, mais dans quel état !teintée, non hermétiques, pas adaptées. Une cata.
On n’est pas sur la même longueur d’onde , pas la peine d’insister, il veut avoir raison, je le laisse avoir raison. Pour les cache chicots misère, il ira voir ailleurs.
Je continue à prendre du retard.
Zut, zut, zut.
Finalement, j’ai presque une demi heure de bourre.
Au passage, je soigne le mari de mon assistante et on le charrie un peu une fois qu’il a la bouche entravée et ne peut qu’écouter. On discute des mecs du quartier, lequel plait à mon assistante, à part son mari, bien sûr.
Il rit jaune.
Bô, c’est juste pour le charrier un peu. Gnarf, gnarf, gnarf.
Il est midi bien passé, je file chez le comptable. Puis je tente de rentrer chez moi pour manger un morceaux, je fais réchauffer, je charge la fourchette, j’engloutis, !!!! un morceau de verre !!!!
???? que ça fout là, ça ?
pas le temps de jouer aux devinettes, tant pis, je mangerai mieux ce soir. Je retourne au cabinet.
On entame l’après midi sur les chapeaux de roues : une couronne provisoire à déposer pour une empreinte pour faire une vraie couronne ( en céramique). Je ne parviens pas à déposer la couronne résine ( !). Normalement, ça sort en deux minutes, j’y passe une éternité. je suis obligée de la découper. Je retouche ma taille de couronne, je suis fin prête pour prendre l’empreinte et oh ! miracle du progrès technologique de l’ère moderne : coupure d’électricité.
Ça faisait longtemps.
Pour prendre l’empreinte, ça ira. Espérons que ça revienne vite.
On prépare tout, je prends l’empreinte, il ne faut pas bouger pendant trois minutes trente. Une minute, une minute trente, deux minutes, la patiente se met à gesticuler, ça va pas. il faut la remonter, tout enlever, la faire rincer.
Ké ki va pas ?
- « je sais pas ce que j’ai»
- « je vous fais mal ? »
- « non »
- « vous avez peur ? vous avez eu peur de ne plus respirer ? »
comme si je jouais à étouffer les gens… pfff…pas avant d’être payée quand même.
- « non, non, c’est juste que j’étais pas concentrée. »
je prends sur moi, on va recommencer. Je suis à la bourre, ça devient une facheuse habitude. D’autant que le patient suivant est en avance, lui.
Allez, tout le monde se concentre bien , svp, on la refait. Moteur, ça tourne, action.
Ce coup ci, c’est fait, la dame n’a pas bougé. Et oh ! miracle, le courant électrique revient. Je refabrique une couronne provisoire. C’est fini pour cette fois. Elle s’en va.
La suite, vite, vite, à fond les manettes.
Le monsieur suivant a changé d’idée. Donc changement de plan de traitement. Il ne veut pas se séparer de sa vieille vilaine couronne, ils s’entendent trop bien tous les deux, elle lui plait bien finalement même si elle est affreuse et a largement fait son temps. C’est surtout que les gens ont de plus en plus la pétoche avec cette crise financière et économique qui n’en finit pas. Donc pas de sous. Pas pour ça.
Pas pour être beau du sourire.
Ensuite, nous faisons une pause. Avec Mlle, nous reparlons de nos péripéties matinales. En même temps que nous discutons, elle essaie d’ouvrir un tiroir d’un placard et arrache carrément la tablette avant. Le tiroir est tout en vrac.
Besoin de calcium ? magnésium ? vitamines ? faut le manipuler avec tendresse ce tiroir, bon sang, j’uis ai déjà dit. Avec tendresse, le tiroir !
Elle aurait pas du se lever aujourd’hui. Ça lui réussi pas d’être matinale. Je me marre de voir sa tronche. on est explosée de rire.
Un p’tit after eight pour la route ?
Suite et fin de la journée : je ne demande rien de trop périlleux à Mlle, ce pourrait être dangereux. Je voudrais pas qu’elle se blesse en travaillant à mes cotés. Je la laisse se reposer. Elle revient pour m’aider à finir la dernière patiente. Je me poile sous mon masque en repensant à sa tronche quand le tiroir lui est resté dans les mains.
Pffoouu… rude journée. Un lundi de folie. Ça promet une semaine pleine de surprises.
Je déteste les lundi. Je préfère les week-ends. C’est pas que j’aime pas travailler, c’est juste que je préfère me la couler douce. J’ai mal choisi mon métier, alors. Parce que dentiste, c’est pas de tout repos. Surtout les lundis.
mercredi 3 décembre 2008
mise à jour
Et ui, c’est la rentrée. Nous sommes revenues le 8 septembre. Et depuis, que s’est-il passé ?
Deux trois petites anecdotes, dans le désordre.
Mr. M, 80 balais bien passés et plus tout à fait les pieds sur terre. Juste ce qu’il faut pour emmerder le monde. Tout le monde.
Mr. M avait une dent à extraire. Apparemment, il embêtait toute sa famille chez lui avec ça. Il vient me voir, je l’examine et je la lui extrais. Mais ce n’est pas si simple car il est sous anticoag. Vu que la dent n’était pas compliquée et complètement cassée, il valait mieux la sortir sans attendre qu’il la gobe une nuit. De plus ça lui épargnait une série de dix piqûres dans le bide, ce qui est le tarif habituel pour des extractions compliquées pour les patients sous anticoag. Compte tenu des médicaments, j’avais anesthésié de manière à bien bloquer la circulation sanguine à cet endroit et ne pas rencontrer de problème. J’avais averti, après avoir vérifié que l’hémostase était faite, qu’il ne fallait pas qu’il crache. Si ça saignait un peu, il devait avaler un peu de sang, ce n’était pas bien grave. Il était parti avec l’hémostase réalisée. Pas de souci à venir. Tu parles !
Le lendemain, sa femme m’appelle car il a saigné toute la nuit. Et évidemment, il a craché. Je le reçois : comme par enchantement, ça ne saigne pas.
Mais lui me soutient que oui et pour me le prouver, crache dans son mouchoir…de la salive ! « vous voyez bien que ça saigne ! »
Nan, le sang c’est rouge. Quand c’est transparent, c’est de la bave.
« si vous saviez ce que j’ai pu avaler cette nuit, tout ce sang, tout ce sang… »
j’ai bien essayé de lui apprendre les couleurs mais c’était peine perdue.
Il s’en va, sa femme rassurée.
Dix jours ( 10 jours, si, si !) après, ils reviennent :
« il faut le voir car il saigne toujours. »
depuis dix jours ? pas possible. A ce compte, il devrait déjà être mort, vidé, blanc comme un linceul.
« Je peux le recevoir mais ce sera entre deux patients. Après que j’ai vu le monsieur qui attend »
« ah ? on passe pas de suite ? »
et pourquoi que t’aurais plus le droit de passer que quelqu’un d’autre ?
« non, d’abord je vois le monsieur qui a rendez-vous »
« et ça va être long ? »
« je ne sais pas »
« parce que ça nous ennuie d’attendre parce qu’on a rendez-vous chez le médecin dans une heure » ( qui est à trois cent mètres de là, je précise)
« vous n’avez pas rdv, vous attendez. »
nou di diou, c’est pas dur d’être poli et de laisser passer les gens qui ont un rdv. Si les gens ont la politesse de prendre un rdv, la moindre des choses est de les recevoir à l’heure.
Ils sont venus avec du renfort, leur fille. Elle fait la gueule.
J’examine papi : il a sucé sa gencive et sa plaie n’est pas très jolie. Mais la cicatrisation se fait. Pas de souci.
Mamie est rassurée, la fille fait la gueule.
Papi me reproche de lui avoir dit d’avaler son sang :
« c’est que tout ce sang, c’est pas bon de l’avaler » me dit-il le doigt tendu.
« c’est pas du sang, c’est votre salive »
« parce que le sang, il descend dans l’estomac. Hein ? »
il m’apprend la géographie du corps humain , maintenant…
« voui »
« et dans l’estomac, y a les aliments, hein ? »
« voui »
« et bien, le sang qui se mélange avec les aliments, ça m’empoisonne »
…ah, bon, ça fait pas du boudin ? je me narve de suite ou j’attends cinq minutes ?
ah, ben , non, pas besoin, sa fille surgit, le chope, le relève et rouspète que ça suffit. Et elle le fout dehors du cabinet. Puis elle revient me dire que ça fait trois jours qu’elle a pas dormi pour le surveiller, qu’elle en peut plus, qu’il la gonfle et qu’elle l’a menacé de le faire hospitaliser s’il continue à emmerder le monde. Texto.
Ah ? c’est pas spécial pour moi ?
En fait, j’apprends qu’il s’est rendu chez le médecin trois fois en dix jours, que le médecin, par prudence, a modifié le traitement médicamenteux donc qu’il n’y a plus aucun risque de saignement depuis plus d’une semaine ! comme ça, finalement, il les aura eu les piqûres dans le bide… à quoi ça sert que je me décarcasse ? . Mais papi a envie d’emmerder le monde. Je souhaite beaucoup de patience à sa fille.
A mon avis, on va le revoir bientôt.
Quoi d’autre ? mme L ( la même, toujours la même) est revenue avec une couronne descellée. Elle a réussi à la garder tant qu’on n’y était pas mais dès qu’elle a senti qu’on allait revenir, hop ! elle l’a paumé. C’est qu’on lui a beaucoup manqué pendant les vacances. Je me demande si elle fait pas exprès…
Elle se pointe avec les cheveux violets et les lunettes de soleil.
Ça va pas.
Je regarde sa dent : elle est explosée, il faudra l’extraire. Et là devinez quoi ?
Elle se met à pleurer :
« j’ai eu une très mauvaise nouvelle et j’en suis malade »
merde, ça a l’air sérieux si elle pleure : cancer, proche décédé, divorce ?
« il faut que je paie des impôts »
et c’est pour ça que tu chiales ?
« avant je payais que dix euros par mois, maintenant on me demande trois cent euros en trois fois, c’est terrible » elle me raconte ses problèmes de fric : en fait, elle en a mais elle veut pas les donner aux impôts.
Je comprends mais ch’uis pas ta banquière, j’y peux pas grand-chose.
Je prévois les rdv pour extraction et adjonction sur son appareil dentaire.
Le jour J, elle vient accompagnée de son mari…qui s’installe d ans un coin et n’en rien à f….. j’extrais. Je prendrai les empreintes demain.
Elle revient donc le lendemain déguisée avec des grandes lunettes de soleil, elle file dans le cabinet à fond les manettes, sans rien dire. Et elle repart pareil. Je cherche surtout pas à savoir ce qui va pas, surtout pas.
Quelques jours après, elle vient chercher son appareil réparé : tout va bien, elle a pas eu mal du tout. Les lunettes noires sont rangées, les cheveux toujours violets assortis à la jupe et aux ballerines à dentelles. J’ai décidé de la surnommer frou-frou. Ça lui va bien.
Frou-frou récupère ses dents et s’en va, enchantée.
Ouf
Quoi d’autre ?
Une dame à qui je soigne les dents ( normal, je suis dentiste ) et qui me demande si les soins dentaires, ça peut faire mal aux jambes ?
????
la même m’assure que les artichauts noircissent les dents.
?
si, si, insiste-t-elle, « les artichauts crus, ça noircit les dents ».
??? crus ? elle mange les artichauts crus ? non, non, c’est chauds les artichauts, chauds !
vendredi 10/10/08
mal polich, va !
il y a quelques temps, j’ai reçu un monsieur de 70 ans qui a tout vu, tout fait. C’est une grande gueule qui participe à des réunions. Donc il est important, le monsieur.
Sauf qu’en 70 ans , il n’a jamais fait faire de détartrage.
Il se pointe avec un chicot à extraire, du tartre aussi épais que du plâtre, des dents en moins. Bonjour, le tableau. Il veut des appareils. Mais il n’en a pas envie.
C’est mal barré.
J’examine et je motive à l’hygiène, pendant deux séances. Je suis obligée de lui prescrire des antibio tellement ses gencives sont dans un sale état, purulentes, et tout et tout. Style monsieur Ouille dans les visiteurs.
Au deuxième rdv, il reste une heure ( une heure entière !) pour m’expliquer qu’il s’y connaît, qu’il fait partie des commissions de la sécu.
- « vous êtes conventionnée ? »
- ??? ben, oui.
- Alors, les prix…
- Quoi, les prix ? je suis conventionnée donc je pratique des honoraires libres sur la prothèse. Je fais un devis, vous acceptez ou pas, comme vous voulez.
- Ah…
- C’est pas parce qu’on est conventionné que c’est pas cher. C’est parce qu’on est conventionné qu’on obéit à certaines règles dictées par la sécu et que les patients sont remboursés. C’est tout.
Finalement, je fais un devis, je demande qu’il réfléchisse bien car je ne ferai le travail que s’il est vraiment motivé.
Ce matin, il a rdv à 9h00.
9h15 , personne.
9H30, toujours pas là, il a du oublier, pas bien grave, on le verra plus tard. Je passe à la suite.
10h 10 : il arrive. La patiente précédente m’attend dans le cabinet avec l’assistante, je le rencontre à l’accueil. Le suivant va pas tarder.
- « bonjour. Ben, alors ? vous avez une heure de retard. »
- « non, je suis à l’heure »
bonjour, aussi.
- « vous aviez rdv à 9h00 »
- « non, à 10h10 »
bizarre comme horaire, ch’uis sûre que tu te fous dedans. Mais c’est peut être moi.
Pas la peine de s’énerver. Ça arrive qu’on se trompe ou qu’un patient se trompe. En général, on réussit toujours à retomber sur nos pattes.
Il me dit qu’il va chercher son carton de rdv pour me le prouver. D’accord.
Donc je retourne dans le cabinet et là, surprise! au lieu de sortir chercher son carton de rdv dans sa voiture, il me suit, il entre direct dans le cab, sans se soucier qu’une autre personne est déjà en consultation, sans saluer et le voilà qui commence à s’avancer vers l’assistante.
Je le stoppe du bras.
Hop, hop, hop, t’es pas dans ton moulin, là.
- « vous permettez ? je termine avec cette personne d’abord »
non, mais, tu te crois où ?
il ressort.
Je suis assez plutôt pas contente, j’ai horreur de l’impolitesse, surtout avec un autre de mes patients. Dans mon cabinet, j’applique la règle des trois P : politesse, ponctualité, propreté. Sinon, c’est dehors.
Je termine avec la dame, un peu interloquée et qui sent bien que, d’un coup, je ne sourie plus, que l’assistante est partie se planquer ailleurs parce qu’elle a senti la tempête arriver. Bref, ça va fâcher.
Il revient, s’installe dans la salle d’attente. Je vais le chercher.
- « alors ? »
- « c’est écrit le dix/dix à 9 h00. j’ai mal lu »
- « pas grave, on va vous donner un autre rdv »
- « non, j’arrête tout. »
- « bon, ok. »
je vérifie le dossier. Il boude. Comme un gamin.
- « j’arrête tout. Je veux pas continuer » il prend un air de type pas content.
En même temps, c’est toi qui t’es trompé, zigoto…tu peux t’en prendre qu’à toi-même…
- « d’accord. Au revoir, bonne journée »
il croit quoi ? qu’on va se mettre à genoux pour le supplier de rester. Comme il voit qu’on s’en fiche, il insiste :
- « mais je pense que je ne reviendrai pas »
- « c’est pas grave. Au revoir »
alors il s’en va.
Mlle mon assistante me regarde, surprise.
Ben ké kil a ?
Bô, pas grave.
Mieux vaut maintenant que plus tard. Ça prouve qu’il n’est pas motivé. Un patient non motivé est insoignable : il vaut mieux s’en débarrasser.
Il s’est même pas excusé. Un rustre.
Ensuite, nous apprenons qu’il est allé raconter son exploit à ses fils et neveux….qui lui ont fait la morale !
- « ce n’est pas une façon de se comporter, t’es pas poli, etc… »
les fistons qui donnent des leçons de bonne manière au paternel. C’est à se demander comment ils ont fait pour être bien élevés, eux.
Ce matin, lundi 13, coup de fil du mal luné qui m’explique qu’il était de mauvaise humeur, qu’il reconnaît s’être mal comporté, que surtout, il s’est fait engueuler par sa femme, alors qu’il s’excuse.
Donc et d’un, on ne s’excuse pas soi-même, on présente ses excuses ; deuxio, tu le fais juste à cause de ta femme, tertio , tes sautes d’humeur, j’en ai rien à faire, j’ai autre chose à faire que de t’apprendre la politesse.
- « … alors, voilà, je veux bien que vous me redonniez un rdv pour que je revienne. Si vous voulez bien me revoir »
tu m’as vue, oui ?
- « non »
- « non ? ah. Mais je me suis excusé »
- « c’est non »
et là, vous savez quoi ? il repart sur ses grands chevaux, si, si. Le type qui est incapable de se tenir poliment, incapable de gérer la moindre embûche sur son parcours. Aucun sang froid. Minable.
- « mais, moi , je me suis excusé alors puisque c’est comme ça…
- … ben, comme ça, on est quitte. Allez, bonne journée, au revoir »
fin de la discussion.
Je ne supporte pas l’irrespect. Il y a des règles de savoir vivre à observer dans toute communauté qui se veut socialement évoluée. Et puis, si de se tromper de rdv le met dans cet état là, s’il ne sait pas mieux gérer un tout petit problème, comment fera-t-il pour gérer un dentier neuf dans sa bouche alors qu’il dit d’entrée qu’il n’a pas envie de se faire appareiller et qu’il le fait par nécessité. J’appelle ce genre de cas : un nid à merdouille. Et j’en veux pas.
Jeudi 13 novembre
En vrac :
L’assistante reçoit un coup de fil de M.M, inconnu au bataillon :
- « ici, c’est M.M, de tel quartier. Il me faut un rdv »
Elle lui fixe un rdv et demande, comprenant que le monsieur est âgé, s’il connaît le chemin pour venir jusqu’ici :
- « vous êtes déjà venu ? »
- « eh, bien sûr, je suis déjà venu dans ce quartier. Je connais la ville quand même ! »
- « mais êtes-vous déjà venu au cabinet ?
- « ah, euh, non »
on se doute bien que tu la connais, la ville.
Nouveau coup de fil : c’est pour réparer un appareil qui s’est cassé pour une dame qui n’est pas patiente du cabinet.
La dame demande :
- « le docteur réparera de suite, hein ? »
- « non, il nous faut l’envoyer au laboratoire »
- « ah, mais non, moi je veux venir au rdv et que la réparation soit faite de suite au cabinet »
- « alors il faut voir avec un autre cabinet qui fonctionne comme ça »
- « ah, mais ça ne me va pas. Mon dentiste, il ne fait pas comme ça. »
- « et bien, ici, c’est comme ça que ça fonctionne. »
- « mon dentiste, il répare de suite »
mon assistante a eu la politesse de ne pas répondre : « et ben, retournez-y chez votre dentiste ! pourquoi vous y retournez pas, hein ? »
peut-être parce qu’il veut plus la voir…
une anecdote mignonne : je fixe un rdv à une patiente qui sera absente quelques jours à partir du 28 novembre. Je lui demande quand est-ce qu’elle reviendra. Réponse :
- « voyons je reste là bas quelques jours…alors, le 28, le 29, 30, 31 , 32, 33, 34 »
- « euh…par ici, on interrompt le mois de novembre le 30 en général, mais bon, je ne vous oblige à rien… »
:)
un anglais perdu dans le temps :
il a beaucoup de retard à son rdv. Il commence à être âgé aussi. Il incrimine sa femme qui a écrit dans le chéquier : ‘’ rdv 13/11/08 3 :00’’. Et le monsieur d’insister : c’est écrit 3 alors c’est quatre heures….
Non, papy, non, si c’est écrit un 3, c’est que c’est trois heures. J’essaie une fois, deux fois de lui expliquer mais il comprend pas. Tant pis.
M.L, petit vieux de plus de 80 ans. Je lui ai fait deux appareils complets haut et bas. C’est tout neuf, tout beau, livré le jeudi. Le dimanche, en voulant nettoyer celui du bas, il s’est cassé la figure chez lui. Et le dentier du bas avec. Le pauvre. Le dentier est parti à la réparation mais le petit papy…
Mme.M, environ 80 piges. Je lui extrais une dent. Si ça ne va pas, elle peut me rappeler. Le lendemain, elle rappelle. Elle veut que je la revois pour la rassurer. Tou est ok, je la rassure. Deux jours après, elle rappelle. Elle angoisse.
???
je demande à Mlle quel est le problème : la mamie angoisse car…. Elle va déménager !
??? et alors ? quel rapport avec l’extraction ?
aucun.
Elle a juste besoin d’être rassurée.
Ouais, mais je suis pas employée chez Déméco…
Après discussion avec sa femme de ménage, j’apprends que la pauvre petite mamie vit depuis douze ans dans une maison scindée en deux appartements, elle à l’étage et le rez de chaussée occupée par une autre mamie qui est en mauvaise santé. Elles se tiennent compagnie depuis douze ans. Mais la fille de l’autre a décidé inopinément de les séparer et donc Mme M ne peut plus vivre dans cette maison car le loyer est trop cher. Donc éject la mamie. Elle est toute triste à l’idée de ne plus voir son amie. A cet âge là, c’est compréhensible que cette nouvelle vie seule ne l’enchante pas et l’angoisse. Je ne sais pas pourquoi une telle décision a été prise mais a priori, je trouve cela méchant. Et en plus la fille ne rend même pas visite à sa fille ! tout ça pour séparer deux vieilles copines. Mais qu’ont les gens dans leurs cœurs !
M.G : z’avez pas vu ma veste ?
M.G est un patient normal. Je le soigne puis il s’en va. Il revient dix minutes après :
- « z’avez pas vu ma veste ? »
- « euh…non »
- « vous êtes sure ? »
- « ben oui. Mais si vous voulez vous pouvez regarder dans la salle d’attente »
il cherche, il trouve pas. il insiste.
- « non, M.G, nous n’avons pas votre veste car vous êtes venu sans. »
- « ah bon ? je suis venu sans veste ? sans blouson ? »
- « ben oui »
et il est reparti comme ça, sans savoir vraiment comment il était habillé.